Les héritiers de Tiananmen, de Michel Cormier

« Les héritiers de Tiananmen » retrace avec brio les moments importants dans l’histoire de la démocratie en Chine durant le dernier siècle. Chacun des huit chapitres se consacre le plus souvent à un personnage qui a marqué l’évolution de l’idée de démocratie en Chine, et ce chronologiquement, de 1911 jusqu’à nos jours. Depuis Sun Yat-Sen en 1911 à Han Dongfeng en 2009.

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Toutefois, il ne s’agit pas d’un manuel d’Histoire. Le bouquin a été écrit par Michel Cormier, correspondant pour Radio-Canada et CBC à Pékin de 2006 à 2010. Le texte apparaît comme un condensé de plusieurs entretiens avec les acteurs qui ont participé à écrire le volet démocratique de l’histoire de la Chine. Et Cormier laisse une grande place aux idées de ces acteurs, sans essayer de convaincre le lecteur, ce qui donne beaucoup de crédibilité et met les acteurs au centre du récit.

Le livre se lit facilement puisque sa structure est claire. Il s’agit d’une collection des tentatives les plus importantes pour faire basculer la Chine dans le monde de la démocratie. Le lecteur peut donc comprendre l’évolution de l’idée de cette démocratie à la chinoise.

Pour résumer, au cours du 20ième siècle, plusieurs militants à maintes reprises ont réclamé un système avec une pluralité de partis polittques, mais ont frappé un mur à chaque fois. Plus récemment, les revendications se sont faites plus concretes, par des grèves de travailleurs où ceux-ci cherchent à faire valoir les droits de citoyens.

La plume de Cormier n’a pas seulement la qualité d’un journaliste expérimenté mais aussi celle d’un pédagogue. Le message central de l’oeuvre est que la Chine « est en train de faire la preuve que le capitalisme et l’autoritarisme politique sont plus compatibles qu’on aurait voulu le croire ». Le point est fait au tout début, où il relate les événements de Tiananmen, en expliquant que le gouvernement chinois a ainsi violemment fermé la porte aux réformes politiques. Par la suite, chaque chapitre détaillera des événements appartenant à une période précise pour comprendre les échecs des tentatives de réformes politiques tout au long du 20ième siècle.

Une des idées qui m’a marqué, c’est que:

les rares militants qui osent encore travailler  à la cause des réformes en Chine optent pour défendre ce qu’il est convenu d’appeler les droits citoyens, comme le droit à l’eau potable, ou à l’éducation, plutôt que les libertés fondamentales, comme le droit de parole, qui sont plus susceptibles de provoquer la répression des autorités.

C’est comme si une révolution était impossible, et que seule une évolution lente vers un État de droit était la seule façon réelle de se rapprocher d’un gouvernement responsable.

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Avec un pareil autoritarisme politique, on comprend l’influence des dirigeants sur l’Histoire du pays. Cormier résumera ainsi:

Mao, l’aventure et l’utopie communiste; Deng Xiaoping, le virage pragmatique; Jiang Zemin, la consolidation du modèle capitaliste-autoritaire; Hu Jintao, enfin, la gestion technocratique de la nouvelle économie.

Et il ne s’attend pas à de grands changements avec Xi Jinping, le successeur probable de Hu, et fils d’un des héros de la révolution.

Surviving Progress

I have watched an excellent documentary called Surviving Progress, written by Mathieu Roy and Harold Crooks.

This documentary is heavily inspired by Ronald Wright’s non-fiction book A Short History of Progress. The book consists of a series of lectures given by the author, who was selected to give the 2004 Massey Lectures which were broadcast on the CBC Radio program, Ideas. In his lectures, Wright looks at the evolution of civilization over a 10,000-year period and concludes that our current globalized human civilization imperatively needs to think about sustainability – specifically pointing to global warming and climate change – if it is to survive.

Allan Gregg invited Wright back in March 2008 to talk about his book, A Short History of Progress. Wright introduced his notion of “progress traps” (a kind of progress which starts with a good intention, but proves to be disastrous when amplified to a certain scale) and highlights one of his book’s key tenets (emphasis is mine):

A civilization that can live on the interest of nature can keep on going indefinitely, but a civilization that’s eating on the capital of nature is on the road to bankruptcy, and that, I think, is where we are now.

Here is how, in 2004, Sandra Martin from the Globe And Mail, summed up Wright’s A Short History of Progress:

From the Neanderthals, Mr. Wright analyzes what happened to other civilizations including the Romans, Sumerians, Easter Islanders and the Mayans. Ecological neglect and devastation invariably precede political chaos and violence as survival becomes an issue of the strong exploiting the weak.

Ronald Wright also published in the Globe and Mail in 2000 an essay (actually one chapter in his book) about the fall of the ninth-century Mayan civilization. Here is a blurb from this piece called “Civilization is a pyramid scheme“:

As Rome fell in the Mediterranean, the Maya rose in Central America, and so on; the setbacks were local, the overall experiment kept going. But now the 10,000-year bets all rest on a single throw. We have one big civilization, feeding on the whole Earth at such a rate that we can observe the exhaustion of natural capital within our lifetimes, whether it be the loss of wildlife, water, coral reefs or rain forests. We are razing forests everywhere, we are irrigating everywhere, we are fishing everywhere, and no corner of the biosphere escapes our hemorrhage of waste. Even if we ceased this minute, our dominion over Earth would still appear in the fossil record as a blight like the impact of an asteroid.

Coming back to the documentary, Mathieu Roy and Harrold Crooks did an excellent adaptation of Wright’s A Short History of Progress. Although the film has some lengths, it is definitely a quality documentary treating crucial issues everyone should be familiar with.

Hence my rating: 5/5.

Urbanized: a Film by Gary Hustwit

I have just watched Urbanized, a documentary to which I gave a bit of money via Kickstarter. And I can say I am proud of it. The documentary is very good.

As a cinematographer, I really enjoyed the camera work, the pictures and the perspectives from a myriad of cities in the world. Unfortunately, we see a ton of different things happening in the urbanized world, without going into enough details. It’s not a collection of case studies, it is rather a swift introduction to several notions from the large field of urbanism. The message of the documentary is that ideas – rather than bricks, pipes, or other material – is really what drives cities forward.

My rating: 3/5